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Le 17 mars, le tribunal de police du 19e arrondissement de Paris a condamné le Zénith et son directeur à 81 000 euros d’amendes pour émission de bruit supérieur aux normes et à verser à une habitante du quartier 31 529 euros de dommages et intérêts. Jugement historique par sa nature, ses attendus et sa sévérité.

Un ministre décide

Après la création, en 1979, d’un parc de 55 ha sur le site des anciens abattoirs, Jack Lang, ministre de la Culture, a voulu lui donner une vocation de « pôle culturel pluridisciplinaire » avec l’installation d’une salle de spectacles de 6 000 places : le Zénith.

Il devait fonctionner trois ans : son succès le pérennise. Les groupes invités diffusent une musique de plus en plus tonitruante à raison de 150 concerts par an. L’isolation est insuffisante : sur la charpente métallique est tendue une double enveloppe de toile argentée. Et, depuis sa création, les travaux d’isolation sonore n’ont pas été réalisés. Les habitants, qui n’ont jamais été consultés sur cette évolution de leur cadre de vie, trouvent la nuisance insupportable.

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Adopté en 2013 pour l’Île-de-France, ce plan devait permettre à notre région de baisser ses niveaux de pollutions pour atteindre les préconisations européennes, mais aussi celles de l’Organisation mondiale de la santé qui s’effrayait de leurs effets importants sur la santé. Perte d’une demi-année de vie au niveau individuel, c’est peu, mais pour 12 millions de Franciliens cela fait presque 10 000 vie perdues chaque année, soit l’équivalent de petites villes comme Arpajon, Claye-Souilly ou Croissy sur Seine!

Deux alarmes récentes, le rapport de la sénatrice Leila Aïchi sur le coût sanitaire de la pollution de l’air, en juillet 2015, plus de 100 milliards d’euros/an, et le rapport de la Cour des comptes (Évaluation des politiques nationales de lutte contre les pollutions atmosphériques, 16 janvier 2016) indiquent que nous sommes très loin en Île-de-France de juguler cette crise sanitaire. Un fiasco même, clament certains médias devant la menace des 200 millions d’euros que va infliger Bruxelles à notre pays. Airparif, qui mesure depuis 1979 les principaux polluants de notre air, indique que des progrès légers ont été accomplis depuis 2000, mais que la situation demeure préoccupante, car les seuils réglementaires sont toujours « sévèrement » dépassés. Entre les petites particules et les oxydes d’azote, ce sont plus de 2 millions de Franciliens touchés dont 8 Parisiens sur 10.
L’origine de ces progrès ne réside pas dans la mise en œuvre des mesurettes du PPA, mais plutôt dans la désindustrialisation de notre région et les avancées dans les transports et le chauffage.

L’Union européenne a classé la France 15e sur 28 pour ses efforts à protéger sa population. Des ONG européennes ont établi le classement des capitales européennes pour la qualité de leur air. En 2015, c’est Zurich qui est en tête devant Copenhague et Vienne. Paris arrivant en huitième position, après Berlin et Londres. Les bons élèves agissent sur deux leviers simultanément, la prévention, en mettant en place des mesures de protection sur le long terme telles que le développement des espaces de nature en ville, et le traitement, en réglementant les déplacements motorisés et les normes de chauffage. Typiquement, Berlin transforme ses friches industrielles en espace de nature qui jouent un rôle très protecteur contre la pollution alors que notre capitale les urbanise intensément en « réinventant Paris » avec vingt-deux projets de construction.

Notre pays semble incapable de maîtriser harmonieusement son développement économique et la protection de sa population, l’économie prenant toujours le pas sur la santé des personnes. Les impacts environnementaux et sanitaires doivent entrer dans les bilans de la Nation pour comparer leurs niveaux à ceux de l’économie. Enfin, c’est par une action concertée à la fois des secteurs économiques, des pouvoirs publics et des citoyens, c’est-à-dire en mettant en place un véritable développement durable que l’on pourra progresser et éviter les lourdes amendes.

 

 

Michel RIOTTOT
Président d’honneur de FNE Ile-de-France

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