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Délaissés d’autoroutes, anciennes carrières, espaces agricoles abandonnés sont des espaces méconnus, souvent dépréciés, appelés aussi friches, terrains vagues ou dents creuses suivant les circonstances. Pourtant ces espaces qui permettent une expression libre de la nature, même en milieu urbain dense, sont particulièrement riches en espèces animales et végétales. Le livre d’Audrey Muratet, « Flore des friches urbaines », en apporte la démonstration et affirme l’opportunité de conforter la nature en ville.

 Des espaces ouverts urbains aux multiples fonctions

Dans notre milieu urbain dense, alors que pollution de l’air et impact du changement climatique se manifestent chaque jour, ces espaces ouverts sont les fonctions à privilégier et à intégrer prioritairement dans les décisions politiques matérialisées par l’organisation urbaine : cycle de l’eau, fixation des polluants et du carbone, ressourcement, calme et contact avec la nature, supports de biodiversité. Plantes et pollinisateurs observés dans les terrains vagues de Seine-Saint-Denis par Plaine commune, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis et Natureparif permettent de porter un autre regard sur des espaces enviés par les aménageurs, alors qu’ils sont une aubaine pour la qualité de vie des habitants. L’utilisation des pesticides plus limitée en ville qu’en milieu rural est favorable aux insectes pollinisateurs et dévoile que le milieu urbain devient une zone refuge pour les espèces « colonisatrices » qui rencontrent ici des espaces d’épanouissement.

 Une contraction continue de la « nature contenue »

Sur toute la Seine-Saint-Denis, les « natures contenues » des friches régressent dans le cadre de la requalification urbaine et des obligations de construction de logements. La prolifération des procédures liées au PLU de ces dernières années révèle la tentation de l’étalement urbain plutôt que l’économie d’espace. Le mode d’occupation des sols (MOS)de l’IAU démontre ainsi clairement cette évolution qui va à l’encontre des grandes intentions : de 2008 à 2012, 172 hectares d’espaces naturels et d’espaces ouverts, incluant les friches, ont été artificialisés. De plus, pour Audrey Muratet, en 2011, la moitié des terrains vagues se trouvait dans le mode d’occupation des sols « espaces urbains bâtis », et donc absents des mesures permettant d’apprécier cet étalement urbain. Alors que le XXe siècle a apporté son lot de friches industrielles qu’il faut maintenant préserver, le XXIe siècle doit éviter de favoriser la génération de nouvelles friches « commerciales » que ne vont manquer de provoquer la prolifération de grands projets inutiles comme celuidu Triangle de Gonesse, qui menacent une richesse qui ne sera jamais remplacée.

En Seine-Saint-Denis, l’arrêt d’exploitation des carrières de gypse a laissé une disponibilité d’espaces deLiaison 178 342 nature en proximité des centres urbains, riche aujourd’hui en biodiversité.

Le SDRIF a ainsi imposé aux collectivités territoriales de s’assurer que leurs documents d’urbanisme permettent « d’affirmer prioritairement la vocation d’espaces verts publics et de loisirs sur ces secteurs sous-minés non encore urbanisés en cœur d’agglomération ».

Pourtant, à Gagny, ces secteurs considérés comme vides et donc peu dignes d’intérêt ont été détruits et rasés pour des projets d’urbanisation.

Deux bons exemples : sur la Corniche des Forts, à Romainville, c’est un mode de comblement plus réduit qui devrait permettre d’ouvrir quelques nouveaux hectares au public en réduction d’un projet trop ambitieux et destructeur.

À la Fosse Maussoin, à Clichy-sousBois, le conseil départemental de SeineSaint-Denis a préféré « démonter » toute une colline pour sécuriser un site Natura 2000 rare.

Francis REDON Président d’Environnement 93

www.environnement93.fr

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