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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
Un pourcentage de nature en échange d'un droit de bétonner
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184 Le projet des mille arbres Droits réservés

Daniel Breuiller, vice-président en charge de la nature en ville à la Métropole du Grand Paris a proposé que les promoteurs consacrent 5 % de leur budget à la nature dans les opérations de construction ou d’aménagement.

Cette idée pourrait sembler fort séduisante, si le défi environnemental actuel n'était pas si grave. Les rapports accablants du GIEC* et de WWF** ont alerté l’opinion sur l’urgence de changer de modèle de développement.

Il est vain de faire croire que préserver la nature coûterait, alors que la nature par essence ne coûte rien, elle est là. C'est une richesse qui au contraire, ne demande qu'à exister et à nous faire bénéficier de ses bienfaits.

Ce qui coûte par contre très cher à la collectivité, ce sont les dommages collatéraux liés à notre développement économique : inondations, assèchement des nappes, effets des pesticides sur la santé, mais aussi désertification des centres villes, des zones rurales. Un « fond nature métropolitain » pour les chantiers du Grand Paris Express et de la MGP ne sera jamais à la hauteur des dommages causés par l'artificialisation des sols, par le coût de l’énergie grise nécessaire au bétonnage, par les atteintes à la santé publique.

Les associations environnementales soutiennent que l'aménagement du territoire est la grande question environnementale du xxie siècle. Elle ne peut être laissée aux mains des promoteurs, constructeurs et aménageurs.

A titre d’exemples

Les projets « Mille arbres » à Paris porte Maillot et « Ecotone » à Arcueil (94) sont les parfaits exemples de la mystification du greenwashing, très loin de l'écologie dont ils se prévalent. Ce sont, malgré les beaux discours et la végétalisation de façade, des tonnes de béton masqués par quelques arbres en pots.

5 % de nature pèsent peu en regard des 59 477m² de béton faisant disparaître une surface de pleine terre de 6 450m² dans le cas de « Mille Arbres ». Les 82 000 m² de béton contre 49 000²2 de friche naturelle pour « Ecotone »ne seront jamais à la hauteur des dommages environnementaux et, en premier lieu, la destruction de l'écosystème existant. Ils prétendent néanmoins que leurs dépenses en matière d’écologie sur ces projets sont bien supérieures aux 5 % auxquels ils seraient soumis.

C'est pourquoi, les associations de défense de l'environnement affirment que les métropoles doivent se développer sur elles-mêmes sans le moindre impact sur leurs espaces verts ou de respiration. Les solutions existent : reconvertir les anciens bureaux vides, réhabiliter les bâtiments désaffectés et obsolètes et leur trouver de nouveaux usages.

La politique des petits pas n'est plus possible, il y a urgence à changer de paradigme et ce n'est ni compliqué ni coûteux.

Ensemble, préservons la nature et arrêtons de la bétonner !

Christine NEDELEC
Présidente de France Nature Environnement Paris

Secrétaire générale de SOS Paris
fne-paris.fr

*GIEC : Groupe d’experts environnemental sur l’évolution du climat
**WWF : Fonds mondial pour la nature

 

 

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