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BIODIVERSITÉ

Et si l'Ile-de-France ne chantait plus ?
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L'Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB IDF) a publié en mars dernier son analyse du Suivi Temporel des Oiseaux Communs1 (STOC) sur la période 2004-2017. Le résultat est sans appel : 44 % des espèces en milieux agricoles et 41 % de celles en milieux bâtis sont en déclin.

 Il existe trois principaux milieux dans lesquels les espèces peuvent évoluer : les milieux agricoles, les milieux bâtis et les milieux forestiers. Certaines sont plus versatiles et leur faculté d’adaptation leur permet, globalement, d’être stable, voire d’augmenter comme la Mésange bleue. En revanche, d’autres sont inféodées à un type d’habitat et subissent des chutes proches de la « catastrophe écologique »2. C’est le cas, notamment, de la Perdrix grise et du Moineau domestique qui déclinent à plus de 50 %. Seul îlot de paix restant : le milieu forestier, assez peu modifié, dans lequel certaines espèces peuvent augmenter.3

901 1L'homme nuisible pour les oiseaux

Maxime Zucca, chargé de mission naturaliste à l’ARB IDF, pointe du doigt une « région anthropisée ».

Avec « 50 % du territoire agricole largement dominé par l’agriculture intensive », nos amis ailés subissent l’effet boomerang des « cocktails de pesticides », de l’optimisation des procédés et de l’homogénéisation des cultures. Comment survivre quand la nourriture se fait rare ou toxique et l’habitat impropre à la reproduction ?

En ville, les menaces sont multifactorielles mais l’interdépendance avec le milieu agricole est forte. Les Serins, par exemple, ne sauraient se maintenir en milieu urbain sans la dispersion post-juvénile des jeunes qui viennent y nicher.

Nos leviers d’action : « un travail d’éducation, de changement de regard »

Au vu de la problématique de l’étalement urbain et de la densification face à l’accroissement de la population, il est fondamental d’encourager « une gestion écologique des espaces verts » : déminéraliser, développer des anfractuosités sur le bâti ou penser des toits végétalisés qui puissent constituer un réel réservoir alimentaire pour la faune.

 Agir sur les questions de nature en ville et la nouvelle PAC en 2020 est essentiel, mais le levier principal réside dans l’action du consommateur-citoyen, précise Maxime Zucca. C’est-à-dire, consommer des produits issus de l’agriculture biologique, locale, manger moins de viande pour libérer des parcelles et rediversifier les cultures et surtout « réinterroger notre rapport à la nature, arrêter de penser qu’une nature qui est spontanée est sale. […] Si on veut changer les choses, il faut commencer par se changer soi ».

 

Un plan national pour la biodiversité901 2

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a précisé, le 16 mai dernier, les grands axes de son projet de Plan Biodiversité, en appelant tous les acteurs de la protection de la nature à lui faire des propositions et à partager leurs idées, pour lutter contre les pollutions, pour inverser la tendance contre l’artificialisation des sols et permettre à la nature de gagner du terrain.

Le ministre de la Transition écologique a donné le coup d'envoi d'une « grande consultation » pour éveiller les consciences sur le sujet, avec un site internet dédié.

 

Lauren STEPHAN
FNE Ile-de-France



1 Programme mené par le Muséum national d'Histoire naturelle au sein du Centre des sciences de la conservation

2 MNHN, article, 20 mars 2018

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