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Lettre ouverte adressée aux ministres compétents et au préfet de Seine-et-Marne
Paris le 01/02/2026
LETTRE OUVERTE
À : Monsieur le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique,
Madame la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature,
Monsieur le ministre délégué chargé de la transition écologique,
Monsieur le préfet de Seine-et-Marne.
Objet : Stop aux nouveaux forages pétroliers en Seine et Marne comme ailleurs
C’est un revirement majeur dans la politique nationale de lutte contre le changement climatique : le 29 janvier 2026, une proposition de loi portée par des sénateurs du bloc central a été examinée au Sénat pour relancer l’exploration pétrolière dans les territoires ultramarins. C’est une attaque directe contre la loi Hulot de 2017, qui prévoit l’interdiction de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures, et la fin des concessions en vigueur en 2040. Cette proposition de loi, vient pourtant d’être adoptée par le Sénat contre l’avis défavorable du gouvernement.
Nous, élu·es d’Île-de-France, nous opposons à l’ouverture de nouveaux puits de pétrole, ici ou ailleurs. Notre territoire est lui aussi victime d’un projet d’extraction pétrolière inutile, imposé et délétère :
L’État français a autorisé début 2024 l’extension des activités pétrolières de la concession de Bridge Énergies à Nonville, en Seine et Marne. La régie ;au de Paris a déposé en avril 2024 un recours devant le Tribunal administratif de Melun contre l’arrêté préfectoral autorisant ces nouveaux forages. Six associations1 et six communes2 se sont jointes à ce recours.
Le Conseil départemental de Seine-et-Marne s’est également prononcé contre ces nouveaux forages. Les deux communautés de communes Moret Seine et Loing et Pays de Nemours concernées ont adopté a l’unanimité des motions s’opposant à ce projet de forages petroliers.
L’extension des forages de Nonville ferait peser un lourd risque sanitaire et environnemental pour les habitant·es et pour les environs :
La proximité avec la captation de la régie Eau de Paris pour l’eau potable de 180 000 parisien·nes et les habitant·es de la commune de Villemer, fait peser un véritable risque de contamination de l’eau pendant le forage des nouveaux puits, sans compter les risques au cours de l’exploitation ;
Menace sur la nappe phréatique du « Champigny » ;
Risque de pollution des rivières (le Lunain à quelques dizaines de mètres) ;
Contradiction totale avec les engagements de la France à sortir des énergies fossiles et entrave à la lutte contre le réchauffement climatique.
Par ailleurs, cette concession est située dans le périmètre de la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, classée par l’Unesco. Son extension met en péril un patrimoine naturel francilien apprécié des Français, qui doit être préservé.
insi, les requérants attendaient le 12 janvier 2026, la réponse de Bridge Energies et du Préfet de Seine-et-Marne, devant démontrer la régularisation du projet sur le volet environnemental et financier pour pouvoir le mener à bien. À ce jour, le Tribunal Administratif de Melun n’est toujours pas en mesure de valider ces garanties, laissant à penser que le projet ne doit pas être régularisé.
Mesdames et Monsieur les ministres,
Veut-on prendre le risque de faire vivre aux Français·es un énième scandale de contamination de leur eau potable ? lors que le monde est désormais en « faillite hydrique », selon un rapport de l’ONU.
Veut-on mettre en péril un patrimoine francilien essentiel pour le maintien de la biodiversité, et qui participe à notre rayonnement international ?
Veut-on s’éloigner encore un peu plus de nos objectifs de lutte contre le changement climatique, qui touche chaque jour de nombreux territoires ici comme ailleurs, en autorisant de nouveaux forages pétroliers sur le sol national, en hexagone ou en Outre-Mer ?
Nous, signataires de cette lettre ouverte, soutenons la démarche de la Régie Eau de Paris et des associations et communes y contribuant.
Nous demandons aux Ministres de faire strictement appliquer la Loi Hulot de 2017 et les engagements environnementaux de la France, et donc de ne plus autoriser de nouveaux forages d’hydrocarbure sur l’ensemble du territoire national.
Nous demandons au Préfet de Seine-et-Marne de ne pas régulariser l’arrêté préfectoral d’autorisation de forages pétroliers à Nonville du 30 janvier 2024.
Nous réaffirmons notre position : « plus aucune ouverture de forage pétrolier, dans l’hexagone ou en Outre-Mer », avec les plus de 43 000 signataires qui se sont déjà exprimés dans ce sens dans la pétition en ligne s’opposant au forage de Nonville.
Notre demande s’appuie de plus sur les derniers avis du Conseil d’Etat défavorables à la délivrance de permis de recherche ou d’exploitation d’hydrocarbures en France au regard du risque sur le changement climatique et la protection de nappes phréatiques ainsi qu’au refus du préfet de Gironde d’autoriser 8 nouveaux puits de pétrole (cf. annexe).
Signataires :
Députés Seine et Marne :
Arnaud Bonnet 8ème circonscription
Olivier Faure 11ème circonscription
Maxime Laisney 10ème circonscription
Arnaud Saint Martin 1ère circonscription
Cecile Thiebault-Martinez 9ème circonscription
Sénateurs Seine et Marne :
Vincent Eblé, sénateur
Marianne Margaté, sénatrice
Autres élu.e.s signataires (Paris) :
Emmanuel Grégoire, député 7ème circonscription
Celine Hervieu, députée 11ème circonscription
Sandrine Rousseau, députée 9ème circonscription
Eva Sas, députée, 8ème circonscription
Danielle Simonnet, députée 15ème circonscription
Ian Brossat, sénateur
Antoinette Guhl, sénatrice
Yannick Jadot, sénateur
Anne Souyris, sénatrice
Remi Feraud, sénateur
Dan Lert, djoint à la Maire de Paris chargé de l’eau
Jean-Claude Belliot, maire de Nonville
Avec le soutien du collectif « Stop pétrole Ile-de-France » : France Nature Environnement Île de France, FNE Seine et Marne, Environnement Bocage Gâtinais, Les Amis de la Terre, Greenpeace Paris, Coordination Eau IDF, Notre Affaire à tous, Action Justice Climat Paris.
ANNEXE : DÉCISIONS RÉCENTES SUR LES DEMANDES DE RECHERCHE ET D’EXPLOITATION D’HYDROCARBURE EN FRANCE
Notre demande s’appuie sur des précédents qui doivent montrer la voie de la raison :
24 juillet 2024 : Le Conseil d’État a estimé que l’administration est fondée à refuser un permis d’hydrocarbure en se basant sur le motif d’intérêt général de limitation du réchauffement climatique.
11 juin 2025 : Le préfet de Gironde a rendu une décision cohérente avec les engagements de la France en refusant la création de 8 puits de pétrole supplémentaires sur la concession Cazaux à la Tête de Buch. Il a mis en application l’avis du Conseil d’État du 24 juillet 2024.
16 décembre 2025 : Le Conseil d’Etat a annulé le décret accordant à la Française de l’Énergie le droit d’exploiter le gaz de couche en Lorraine. L’un des principaux arguments étant ici aussi la protection de l’eau.
lors que la limite du réchauffement climatique à 1,5 apparaît désormais illusoire, en voie d’être dépassée rapidement, la France ne peut autoriser de nouveaux forages pétroliers sur son territoire. Le gouvernement français a fait de l’élimination du pétrole, du charbon et du gaz une priorité nationale et un engagement au plan international lors des COP 28 et 29.
Résumé des épisodes précédents
La régie Eau de Paris a déposé en avril 2024 un recours devant le Tribunal administratif de Melun contre l’arrêté préfectoral du 30 janvier 2024 autorisant de nouveaux forages pétroliers à Nonville (Seine et Marne) par Bridge Energies.
Six associations* et six communes** se sont jointes à ce recours par intervention volontaire..
le Conseil départemental de Seine et Marne s’est prononcé contre ces nouveaux forages, dans sa séance publique du 21 juin 2024.
Cette concession est située dans le périmètre de la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, classée par l’Unesco, et à 1,5 km en amont de point de captation de la régie Eau de Paris. Ces nouveaux forages :
- Font peser d’importants risques pour l’alimentation en eau potable de 180 000 Parisien.ne.s et les habitant.e.s de la commune de Villemer ;
- Menacent la nappe phréatique du « Champigny »
- Constituent un risque de pollution des rivières (Le Lunain à quelques dizaines de mètres) ;
Le 30 janvier 2025, Le Tribunal Administratif a rendu un premier jugement. Il a reconnu l’illégalité de certains aspects de l’autorisation de travaux et accordé 10 mois à Bridge Énergies et au préfet de Seine-et-Marne pour régulariser le projet de nouveaux forages pétroliers sur deux points :
- l’étude de l’impact du projet sur l’environnement, basée sur des inventaires datant de plus de dix ans, et jugée très insuffisante,
- le montant des garanties financières, nécessaires par exemple en cas d’accident, qui n’a pas été normalement fixé dans l’arrêté préfectoral.
La date limite du sursis à statuer (30 novembre 2025) accordé par le tribunal administratif a été atteinte sans que la société Bridge Énergies ni le préfet ne se soient manifestés. La Régie Eau de Paris a donc adressé mi-décembre au tribunal administratif de Melun un mémoire demandant l’annulation de l’arrêté d’autorisation de forages, pour défaut de régularisation. Le tribunal a accordé un délai d’un mois (12 janvier 2026) aux autres parties pour répondre au mémoire d’Eau de Paris.
En octobre 2025, FNE Seine-et-Marne a sollicité un rendez-vous auprès du préfet de Seine-et-Marne, à ce jour sans réponse, afin de lui remettre les quelques 43 000 signatures de la pétition demandant l’arrêt des forages pétroliers à Nonville :
Nonville, saison 1/épisode 2 ?
Fin janvier 2026, La société Bridge Energies a enfin produit devant le tribunal l’étude environnementale et l’estimation des garanties financières exigées. Ces nouvelles pièces vont entraîner à leur tour des mémoires en réplique des avocats de la Régie Eau de Paris et des associations. Les comptes publiés par la société Bridge Énergies révèlent en effet certaines difficultés qui interrogent.
Au même moment, une lettre ouverte publiée le 1er février dernier a été adressée aux ministres de tutelle et au préfet de Seine-et-Marne pour leur demander l’arrêt des forages pétroliers « En Seine-et-Marne comme ailleurs ». Elle est signée par 17 députés et sénateurs de Seine-et-Marne et Paris ainsi que Dan Lert, maire-adjoint de Paris et Jean-Claude Belliot, maire de Nonville :
La presse commence à s’en faire l’écho :
A savoir : la mobilisation contre les forages pétroliers de Nonville est animée par le collectif « Stop pétrole Île-de-France » : France Nature Environnement Île-de-France, FNE Seine-&-Marne, Environnement Bocage Gâtinais, Les Amis de la Terre, Greenpeace Paris, Coordination Eau IDF, Notre Affaire à tous, Action Justice Climat Paris
A noter : Participants à l’action judiciaire en « Intervention volontaire » :
* FNE Seine-&-Marne et IDF, les Amis de la Terre/France, le Réseau Action Climat, Reclaim Finance, Notre Affaire à Tous.
**Ville de Paris, Nonville, La Genevraye, Villemer, Lorrez le Bocage Moret/Loing/Orvanne; SIAAEP Bocage, SIDEAU Moret.
77 : Non aux forages pétroliers à Nonville !