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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
GAGNY : un poumon vert offert aux promoteurs

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186 gagnyDe tous les projets destructeurs d’espaces naturels et accélérateurs du dérèglement climatique en Seine-Saint-Denis, l’urbanisation de 14 ha de la carrière de l’Ouest, à Gagny, arrive en tête. Il ne resterait plus maintenant qu’à livrer la totalité du site aux promoteurs immobiliers.

De Pantin à Montfermeil, l’abandon de l’exploitation des carrières de gypse a laissé des friches que la nature a colonisées, créant de rares espaces propres à assurer la respiration de territoires dévorés par une densification imposée. L’un des objectifs du SDRIF (Schéma directeur de la Région Île-de-France) est de préserver de l’urbanisation ces coteaux sous-minés, encore sauvegardés.

À Gagny, la carrière de l’Ouest, 14 ha en limite de Villemomble et du Raincy, devait, ainsi, être sécurisée pour être rendue accessible au public et prévenir le risque d’effondrement d’une vingtaine d’habitations voisines. La convention, signée en 1995 entre la société Marto, propriétaire du site, l’État, l’IGC (Inspection générale des carrières) et la commune de Gagny, fixant les règles de comblement, n’a jamais été respectée par la société Marto, malgré les injonctions de l’IGC de 1999 et les arrêtés préfectoraux de 2013 et de 2017. Endema 93 n’a eu de cesse de dénoncer cette situation et d’alerter la préfecture sur les travaux sans autorisation, les activités polluantes, les dépôts illicites de déchets de l’entreprise.

L’État n’a pas contraint l’entreprise à respecter ses engagements ni à exécuter les arrêtés de mise en demeure de sécurisation du site. Alors que les propositions antérieures de l’IGC pour assurer la sécurité étaient proportionnées aux risques et devaient être financées par la société Marto, le projet présenté en 2019 prévoit de faire supporter le coût des travaux de comblement par l’urbanisation massive de la carrière.

La préfecture, afin de régler cette situation rapidement et de sécuriser le site, a mis en place une PIL (procédure intégrée pour le logement). La PIL, destinée à favoriser la production rapide de logements, accélère les démarches en regroupant la mise en compatibilité des documents d’urbanisme, y compris de rang supérieur, et l’instruction des permis de construire.

Un impact désastreux

Cette procédure permet au propriétaire, Marto Finances, associé à plusieurs promoteurs, de présenter, pour rentabiliser les travaux de comblement, un projet gigantesque de construction de 120 000 m² de surface de plancher, soit près de 2 000 logements et 4 500 habitants.

ENDEMA 93 et Environnement 93 disent « NON à ce projet » qui prive les habitants du bénéfice d’un espace naturel de 14 ha. Il concerne un terrain pollué et dont le chantier pourra être source de dispersion d’éléments toxiques. Le site est éloigné des gares RER. Il est desservi par des voies étroites qui ne sont pas en situation d’absorber la circulation de 2 000 véhicules supplémentaires, pas plus que les transports liés à un chantier d’une telle ampleur. Les équipements publics ne pourront pas faire face à l’installation de 4 500 nouveaux habitants, à la scolarisation de 200 élèves en primaire. Ce projet pharaonique n’a pas lieu d’être à Gagny, qui présente déjà un potentiel de 3 000 logements hors carrières, en cours de réalisation ou d’examen.

Pour contrer ce coup fatal porté à notre environnement, nous demandons l’abandon du projet.

 

Francis REDON
Président d’Environnement 93



Brigitte MAZZOLA
Présidente d’Endema 93


 

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