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Projet lac : nouveau départ pour le lac de Créteil
Depuis un an, sous la houlette de Grand Paris Sud-Est Avenir et de la ville de Créteil, un plan ambitieux d’amélioration de la qualité du lac et de ses abords immédiats se met en place.
Inséré entre la Marne, au nord-est, la Seine, à l’ouest, et le Mont-Mesly, au sud-est, le lac de Créteil est la pièce maîtresse de l’île de loisirs du même nom. Il a été créé de toutes pièces, à la fin des années 1970, à partir d’une gravière avec une surface de 42 hectares et une profondeur moyenne de 5,5 m. Il est entouré, sur une vingtaine d’hectares, d’un parc destiné aux loisirs, mais où la biodiversité occupe une place d’autant plus significative que l’ensemble lac et parc est situé en première couronne parisienne, c’est-à-dire en zone très dense, a priori peu favorable à la biodiversité. Pourtant, le site est reconnu comme un haut lieu de l’ornithologie : il accueille une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 (ZNIEFF 2) et on y rencontre des espèces vulnérables comme le Blongios nain et la Sterne pierregarin. Et la tendance à la hausse de la richesse spécifique du lieu se maintient, comme en témoignent les recensements réguliers de la faune et de la flore conduits par des naturalistes indépendants et des associations telles que Nature & Société. Tout cela ne procède pas du hasard : la mise en place de la gestion différenciée par la direction de l’île de loisirs et le département du Val-de-Marne ainsi que la création de La Végétale, qui établit une connexion avec la forêt de Notre-Dame, créent des conditions favorables à l’épanouissement de la biodiversité en zone urbaine.
Pollution et eutrophisation
Le lac connaît toutefois des problèmes de pollution, induits par les divers mécanismes qui l’alimentent en eau. Le plus important en volume est sa connexion avec les eaux souterraines dont l’état chimique est majoritairement médiocre dans tout le bassin Seine-Normandie. Le lac reçoit également des eaux de ruissellement en provenance du Mont-Mesly et, plus surprenant, des eaux usées domestiques en raison de la non-conformité des branchements d’évacuation de nombreux immeubles alentour, sans compter des déversements accidentels ou volontaires de substances polluantes variées. Résultat, le lac connaît, comme souvent, un phénomène d’eutrophisation qui induit, pendant les périodes chaudes, des blooms de phytoplanctons et de cyanobactéries.
Assainir, embellir, partager
Depuis un an, sous la houlette de Grand Paris Sud-Est Avenir et de la ville de Créteil, un plan ambitieux d’amélioration de la qualité du lac et de ses abords immédiats se met en place. L’objectif est de supprimer toutes les sources de pollution de surface via, notamment, d’importants investissements pour l’élimination des centaines de systèmes d’évacuation des eaux non conformes. Il est également envisagé de recourir à des solutions écologiques pour lutter contre l’eutrophisation, et une renaturation des berges est prévue. Un conseil du lac a été créé afin de suivre les opérations, c’est-à-dire les critiquer et les amender ; il regroupe les acteurs institutionnels directement concernés, des scientifiques et des associations. Le plan est baptisé « Projet lac 2027. Assainir, embellir, partager », mais gageons qu’il faudra plus de trois ans pour voir les premiers résultats concrets sur la qualité de l’eau et de la biodiversité. Et aussi beaucoup de doigté et de créativité pour conforter les acquis en matière de faune et de flore.
Luc ABBADIE et Anne DIELEMAN
Association Nature & Société