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De l’association Protection Berges de Seine au Collectif Stop Green Dock
Cette association naît en 2022 par la découverte fortuite d’un projet gigantesque qui doit se développer au cœur du port de Gennevilliers.
De l’association Protection Berges de Seine au Collectif Stop Green Dock
Situé à seulement 5 km de Paris, le projet Green Dock prévoyait de s’implanter en bord de Seine sur un ancien site logistique de 400 hectares, actuellement inoccupé. Le programme promettait une sobriété foncière exemplaire et une logistique décarbonée grâce au transport fluvial. Lancé par l’établissement public Haropa Port, opéré par le promoteur australien Goodman, le projet semblait avoir de solides atouts. Au commencement, ce sont les riverains, habitants d’Épinay-sur-Seine, qui se regroupent au sein de l’association Protection Berges de Seine pour manifester leur inquiétude vis-à-vis de la mise en place de cette nouvelle muraille de 35 mètres de haut sur 600 mètres de long. Leur préoccupation est avant tout liée à la dégradation de leur cadre de vie. Puis la mobilisation mûrit et change d’échelle : plus de 15 associations, des acteurs locaux, régionaux et nationaux se regroupent et forment le Collectif Stop Greendock. Le réseau FNE se joint au mouvement. Tous dénoncent un projet dont les intérêts financiers se dissimulent sous une décarbonation des transports en trompe- l’œil. Le collectif pointe une réalité bien plus sombre : une augmentation massive du trafic de camions et une explosion des pollutions sonores et lumineuses. Et surtout, l’impact environnemental menace directement la zone Natura 2000 de l’Île-Saint- Denis, une réserve de biodiversité sensible abritant de nombreuses espèces protégées située à proximité immédiate du site.
Coup de tonnerre pour Green Dock : un avis défavorable de la commission d’enquête et permis de construire refusé par la ville de Gennevilliers
Animé par l’association Protection Berges de Seine, le Collectif Stop Greendock mobilise sans relâche les médias et l’opinion publique. L’enquête publique est marquée par une participation considérable, avec près de 1 800 contributions. En janvier 2026, la commission d’enquête rend un avis défavorable, décision rare dans un paysage administratif réglementaire où les projets d’aménagement sont habituellement validés. Face à ce désaveu qui s’ajoute aux critiques de l’Autorité Environnementale (MRAe), la pression se déplace désormais sur la municipalité de Gennevilliers. Si le collectif d’opposants applaudit la décision, le promoteur maintient son cap, estimant que cet avis n’interrompt pas le processus réglementaire. Mais voilà, en février 2026, la mairie de Gennevilliers rejette la demande de permis de construire. Parmi les motifs de son refus, la mairie cite notamment l’avis défavorable rendu en janvier par la commission d’enquête publique. Elle estime également que les promoteurs ne donnent pas suffisamment de garanties en matière de protection de la biodiversité, de santé publique et de concertation avec les habitants. La fronde menée depuis cinq ans par une coalition d’associations, de personnalités publiques et d’élus a payé. Protection Berges de Seine, une victoire tactique mais la lutte continue. Malgré la reconduction de la majorité municipale de Gennevilliers en mars dernier, l’avenir de cette boucle de la Seine demeure un sujet sous haute surveillance. Maintenir le contact et la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des citoyens qui ont lutté contre Green Dock est désormais l’enjeu majeur de l’association Protection Berges de Seine qui ne baisse pas la garde : elle entend bien peser sur la suite des événements. L’enjeu est clair, éviter qu’un projet industriel similaire ne remplace le précédent sur cette immense friche en bord de Seine. Dans les futures concertations, elle pourra invoquer le refus de permis de construire de février 2026 et mettre en avant le Schéma d’Orientation et de Développement Durable (SODD) élaboré par le port de Gennevilliers, qui préconise que les aménagements doivent améliorer l’insertion paysagère et environnementale des infrastructures. Et sur les aspects liés à la protection de la biodiversité, l’association Protection Berges de Seine pourra s’appuyer sur les projets de renaturation engagés à Argenteuil et à Épinay-sur-Seine pour infléchir les nouvelles propositions d’Haropa Port.
Le projet Green Dock épinglé par l'autorité environnementale