Fil d'Ariane
- Accueil
- Je m'informe
- Nos actualités
- Chemin de halage de Bezons : «bitumisation » outrancière
Chemin de halage de Bezons : «bitumisation » outrancière
Val-d’Oise
Le chemin de halage de Bezons, sur le linéaire entre le pont de Bezons et le pont Éole, a fait l’objet d’un aménagement afin de permettre l’installation d’une piste cyclable dans le cadre d’un projet porté conjointement par la communauté d’agglomération Saint-Germain Boucles de Seine et la mairie de Bezons.
Remarques et proposition du Collectif
Le CADEB (Collectif d’associations pour la défense de l’environnement
dans les boucles de Seine/Saint-Germain-en-Laye) a exprimé, à diverses reprises, sa crainte que ce chemin, un des derniers endroits des rives de Seine encore un peu naturel, voire sauvage, ne soit fortement impacté par la pose d’une piste initialement prévue en béton et surtout par la mise en place d’un éclairage.
Le 26 novembre 2024, nous avions réitéré le souhait d’un d’éclairage moins nocif pour la biodiversité, avec des mâts de faible hauteur et avec des lampes à détecteur de mouvement. Un choix plus respectueux de l’environnement et aussi plus économique.
Réalisation des travaux
Une épaisse et large couche de bitume (quinze centimètres d’épaisseur, trois mètres de large) a finalement été mise en place sur une partie du linéaire, recouverte par une couche perméable de couleur beige destinée à atténuer l’effet route. Des hauts lampadaires ont bien été installés à raison d’un tous les vingt mètres.
De chaque côté de la piste, le sol a été profondément remanié et toute la végétation présente a été enlevée. De multiples buissons et arbustes ont été détruits, remplacés çà et là par une végétation en plaques ou par des pots de fleurs. Les ronciers, pourtant si utiles à la faune ailée et aux pollinisateurs, en plus de fournir des mûres très appréciées des promeneurs, ont été détruits. Le revêtement est présenté comme perméable. Si c’est le cas de la couche supérieure, la sous-couche bitumineuse ne peut permettre une infiltration efficace, notamment sur cette zone inondable.
Dégradation environnementale
L’ampleur des travaux et la destruction de la végétation ont immanquablement perturbé l’ensemble du cortège faune flore.
Le cadre de nature qui existait sur cette trame verte et bleue s’en trouve totalement défiguré et la trame noire (absence de lumière) qui existait sur certaines parties du chemin va laisser place à une importante pollution lumineuse, préjudiciable à la faune nocturne, en particulier, et à la biodiversité, en général. Même si l’intensité de l’éclairage n’est maximale que lors des passages, les insectes et les populations d’oiseaux seront fortement impactés.
Avec ces aménagements, nos craintes de voir la dénaturation et l’artificialisation du lieu étaient malheureusement fondées. Le chemin de halage ancien nécessitait certainement nettoyage et amélioration. Mais la transformation de ce corridor vert en un boulevard urbain, pour un coût de 4 millions d’euros, pose question.
Ce qui était présenté comme l’aménagement d’une voie verte devant préserver les espaces naturels des berges et l’environnement n’est en fait qu’une route ou une voie rapide à vélos et deux-roues motorisées.
Le Cadeb soutient le développement des infrastructures pour les circulations douces, mais celui-ci ne doit pas se faire avec de tels impacts sur les milieux naturels.
Nous déplorons la nature de cet aménagement et regrettons que nos demandes de précautions n’aient pas été prises en compte.
Collectif d’associations pour la défense de l’environnement
dans les boucles de Seine/Saint-Germain-en-Laye (CADEB)