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Les résidents de la rue du Rateau se sont alarmés des risques liés à l’exploitation de cette installation classée et se plaignent du bruit engendré. Ils ont saisi la justice, et le tribunal administratif de Montreuil vient d’annuler l’autorisation d’exploiter.

 

170 p 20 DRIEE Data Centers

 

La société Interxion France a construit ce data center en pleine zone pavillonnaire, fin 2012. 9 000 m2 de bâtiments abritant les serveurs (16 600 m2 à terme), quatre groupes électrogènes (huit à terme), quatre cuves de fioul enterrées (capacité de 280 000 l, 560 000 l à terme), cachés derrière une longue façade métallique.

Organisés dans l’association Urbaction93, quelques riverains se sont mobilisés contre cette ICPE* (installation classée pour la protection de l’environnement) et ont obtenu, le 15 octobre 2015, l’annulation de l’autorisation d’exploiter accordée par le préfet de Seine-Saint-Denis le 13 décembre 2013.

Le tribunal administratif s’est appuyé sur les nuisances sonores produites par les systèmes de réfrigération et les groupes électrogènes utilisés en secours, en cas d’interruption de l’alimentation électrique, ce qu’avaient mis en avant les riverains dans leur demande et dans une pétition signée par plus de 400 personnes. Il a aussi pris en compte « un trafic quotidien de l’ordre de 15 véhicules poids lourds », et conclut que « cette absence d’analyse des impacts sonores du projet a ainsi pu avoir pour effet de nuire à l’information complète du public et a été de nature à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative. »

Par ailleurs, le CAUE 93 (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) affirme que l’activité du data center de la rue Rateau « n’est pas compatible par “sa nature” avec le caractère résidentiel du quartier et est de nature à porter atteinte à la sécurité publique. »

Ce data center hébergeant les données de plus de 150 clients (grands comptes, start-up, ministères…), le préfet n’a pas exigé la suspension de l’exploitation des installations, mais Interxion France a annoncé qu’il déposera une nouvelle demande de régularisation administrative dans un délai de quatre mois.

Cependant, les riverains restent déterminés car, pour eux, « les projets de data centers ne doivent pas se faire au détriment de la santé des gens.»

*Indépendamment des serveurs informatiques, un data center est équipé de dispositifs qui justifient le classement ICPE :
- Groupes électrogènes alimentés au fioul.
- Stockage du fioul.
- Accumulateurs pour onduleurs.

 

Frénésie de data centers en Seine-Saint-Denis


La plus forte concentration de data centers en Ile-de-France se retrouve au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis ; ces zones logistiques abritent les serveurs informatiques indispensables au fonctionnement d'Internet et de la nébuleuse d’applications associées à la téléphonie mobile. C’est sur le territoire de Plaine Commune que la concentration de data centers est la plus forte, pour des raisons historiques et économiques. Ici le passé industriel a généré un maillage en alimentation énergétique et en transport favorable à ces installations, tandis qu’un foncier disponible et bon marché, après le retrait des activités industrielles, a favorisé ces implantations. Pour autant, elles ne placent pas la Seine-Saint-Denis dans l’avant-garde des nouvelles technologies ou d’une économie compétitive. Et en termes d’emplois ces data centers ne sont qu’une illusion. L’Agence locale de l’énergie et du climat de Plaine Commune indique qu’un seul emploi est généré pour 10 000 m2 de data center alors que la densité moyenne d’emploi est de 58 pour 10 000 m2 pour la ville de Saint-Denis.
Pour ce territoire, défavorisé en offres de logement et impacté par un fort taux de chômage, la priorité est de destiner le foncier disponible à l’effort de construction associé à une amélioration significative de l’offre d’emplois.

 

Francis REDON

Environnement 93

Sous la tutelle du Ministère de l’Écologie, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) mène des programmes de recherche visant à mieux comprendre les atteintes à l’environnement et à la santé, et à développer ses capacités d’expertise en matière de caractérisation et de prévention des pollutions. Toutefois, la mondialisation et la mise sans freins sur le marché de nouvelles molécules rendent ce contrôle irréalisable.

Les compétences scientifiques et techniques de l’Ineris sont mises à la disposition des pouvoirs publics, des entreprises et des collectivités locales afin de les aider à prendre les décisions en matière de sécurité sanitaire et de préservation de l’environnement. L’institut anime le réseau national AQUAREF sur la surveillance des micropolluants et des polluants émergents. La surveillance des milieux aquatiques est orientée vers deux approches complémentaires : une approche quantitative chimique sur les concentrations de certains polluants présents dans les milieux naturels et une approche écologique par la recherche des effets de ces produits sur la santé humaine et les espèces sensibles. Parmi eux, les effets cancérigènes, mutagènes, neurotoxiques, reprotoxiques et parfois létaux …

La Directive 2013/39/UE établit des normes de qualité environnementale (NQE) pour les substances prioritaires et certains autres polluants, en vue d'obtenir un bon état chimique des eaux de surface conformément aux objectifs de la Directive Cadre sur l'eau (DCE).

Bien que les NQE soient de plus en plus sévères, la norme OMS de moins de 1 µg /litre en cours pour toute substance aujourd’hui reste arbitraire et les scientifiques ne peuvent pas affirmer si cette concentration infime est toxique ou pas selon les espèces.

Quant aux nanoparticules, les chercheurs n’ont que peu de données sur leurs effets en raison de leur diversité et de leur taille … Ajoutons à cela qu’avec le regroupement des laboratoires d’analyses (2 grands laboratoires aujourd’hui), souvent dépendants de ceux-là mêmes qui produisent des effluents, leurs conclusions sont souvent minimalistes.

Comme le concluent les responsables de l’Ineris, on trouve ce que l’on cherche mais on ne sait pas chercher ce que l’on ne connaît pas et les nouvelles molécules et cocktails sont en nombre.

 

Christian WEISS

Chargé de mission Eau

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