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Dans notre Région qui concentre, sur un espace aérien réduit, la grosse majorité du trafic aérien du pays, et dont le ciel est aussi encombré que les routes, la question des nuisances aériennes est, comme on dit, un vrai sujet. Après les rapports parlementaires Gonnot en 2003, Lambert en 2005, Dermagne en 2008, Carrez en 2009, Courteau en 2013 et Le Roux en 2014, Les députés Jacques-Alain Bénisti (LR) et Christophe Bouillon (PS) viennent à leur tour de rendre public les résultats de leur travail[1] qui contient des propositions nouvelles.

Depuis le rapport de 2003, qui en préambule de ses 21 recommandations indiquait : "La situation autour de Roissy Charles-de-Gaulle et d'Orly est aujourd'hui explosive. L'état des lieux en région Parisienne est par ailleurs dramatique : la Mission considère qu'il est anormal que 2 à 2,5 millions de Franciliens soient sacrifiés au développement des plates-formes parisiennes……", aucune des 21 recommandations du rapport n'a réellement été mise en œuvre et ladite situation s'est franchement aggravée, particulièrement la nuit à Roissy et sous les nouvelles trajectoires du 17novembre 2011, et bientôt à Orly si les recours engagés ne parviennent pas à stopper la construction en cours de la seconde aérogare. Sans compter les futures extensions gigantesques prévues à Roissy.

En effet, les Gouvernements passent, et la même politique de sacrifice des Franciliens au profit du développement des plates-formes d'Orly et de Roissy perdure. En témoignent les récentes déclarations dans la Presse économique du PDG de la société Aéroport de Paris, bras armé du gouvernement en la matière : "…Le trafic va doubler d'ici à 2035…nous avons la chance exceptionnelle d'avoir avec Paris-CDG l'un des rares aéroports mondiaux qui ne butera pas sur les limites physiques à la croissance de son trafic dans les vingt ans qui viennent…cela supposera que le contrôle aérien suive et ait la capacité de gérer 3000 mouvements par jour contre 1500 aujourd'hui…"[2] et "...Air France…par sa très dynamique filiale à bas coûts Transavia, est un vecteur significatif de la croissance du trafic à Orly…"[3] .

A l'occasion de la COP 21, quelques semaines avant ses déclarations dans la presse, les associations Franciliennes réunies au sein de la Convergence associative, ont bien envoyé à Monsieur de Romanet et à la direction d'Aéroport de Paris, leur "Dossier noir du transport aérien". Mais à l'évidence sans aucun résultat !

Les 4,61 milliards d'euros d'investissements[4], dont une grosse partie d’argent public, que prévoit M. de Romanet pour développer encore le trafic des aéroports franciliens sont plus de quinze fois supérieurs au seuil de déclenchement de la procédure de débat public. Une fois de plus les citoyens franciliens sont mis devant le fait accompli et ne sont pas consultés en amont de colossaux projets d’aménagement du territoire. Dans ces conditions, nous exigeons la saisine de la Commission Nationale de Débat Public (CNDP) sur ce projet global de développement du trafic aérien sur la Région Ile-de-France.

 

La Convergence associative pour une réduction des nuisances aériennes en Ile-de-France

 

[1] Assemblée Nationale, rapport d'information N°3580 déposé le 16 mars 2016 par la mission d'information sur les nuisances aéroportuaires. http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i3580.asp

[2] Le Figaro économie 16/17 janvier 2016

[3] Le Revenu N°1365 26 février/3 mars 2016, P. 32

[4] Les Echos le 12 octobre 2015

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