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Le vaste champ d’expansion des crues de la Seine, situé dans la plaine alluviale de la Bassée, en Seine-et-Marne, entre Nogent-sur-Seine et Montereau-Fault-Yonne, constitue un enjeu tant économique qu’écologique qui devra mobiliser les associations locales, siégeant de droit dans la Commission locale de l’eau (CLE) du SAGE « Bassée-Voulzie lancé par le préfet de l’Aube

 

170 p 18 ou 19 N 2 La Bassée Bras de Seine à Marolles sur Seine Chrisitan WEISS

 

Les enjeux forts de la Bassée

Dans le cas de la lutte contre les risques d’inondation, l’homme représente l’acteur essentiel de l’évolution. L’équilibre doit être recherché entre le système naturel, la rivière, qui, de temps en temps, manifeste sa puissance, et l’homme qui, dans les périodes les plus calmes, a tendance à venir s’installer sur un territoire potentiellement dangereux. Une solution consiste à montrer, voire à mettre en scène, l’eau et le risque. Ne pas gérer les crues faibles pour montrer que certaines zones sont régulièrement inondées constitue un exemple simple de ce principe. Les enjeux de ce territoire, qui s’organisent autour d’une plaine alluviale exceptionnelle, sont très forts : la protection et la restauration de milieux aquatiques et de zones humides d’intérêt national, la préservation de prairies inondables naturelles et la lutte contre les inondations à l’aval de l’unité hydrographique, en restaurant la fonctionnalité des continuités écologiques, et, enfin, la préservation des eaux souterraines. Ainsi, les mesures associées à la préservation des zones humides se partagent entre entretien, gestion adaptée, connaissance et identification, acquisition foncière, reconquête.

 

La rivière, un écosystème dynamique

Une rivière constitue un écosystème dynamique qui doit pouvoir fonctionner dans des conditions hydrologiques très diverses — étiages et crues en constituant des exemples — et pouvoir évoluer au fil du temps. Gérer les crues et/ou leurs conséquences par des techniques d’ingénierie écologique nécessite de conserver autant que possible ce caractère naturel tout en utilisant les propriétés mêmes de la rivière pour limiter les conséquences de ces excès. Il convient, notamment, de diminuer le ruissellement sur les bassins versants, de ralentir au maximum les écoulements en amont et de conserver les zones d’expansion des crues.

 

La biodiversité piscicole

La plupart des espèces de poissons vivant dans la Bassée avant la révolution industrielle sont encore présentes, à l’exception des espèces migratrices qui ont quasiment disparu. Au total, quarante-six espèces de poissons sont observées aujourd’hui sur l’ensemble du réseau hydrographique du bassin de la Seine. Mais leurs peuplements se dégradent de la périphérie vers le centre du bassin, notamment en Île-de-France.

 

Un phénomène sociétal

Lorsque l’on veut gérer des crues, cet objectif est essentiellement sociétal : les crues constituent un phénomène naturel positif pour les écosystèmes — même si les conséquences environnementales d’une crue sévère sont dommageables. Il y a donc incompatibilité entre le contrôle des crues et le maintien d’un fonctionnement naturel des milieux aquatiques et des écosystèmes qui leur sont associés. Rechercher un compromis apparaît possible en proposant les mesures nécessaires à la protection des populations tout en minimisant les conséquences écologiques et environnementales concernant ces aménagements. La question de l’entretien des ouvrages de protection contre les crues est particulièrement sensible et difficile. Ils ne sont, en effet, sollicités que très rarement, une fois tous les sept ans selon l’établissement public territorial de Bassin Seine Grands Lacs (SGL).

 

Contrôle des crues et hiérarchie des risques

Le contrôle des crues en un point particulier nécessite donc une réflexion sur l’ensemble de la partie amont du bassin versant pour trouver des solutions efficaces. Il demande également une réflexion sur l’ensemble de la partie aval pour étudier les conséquences potentielles des actions. Cette nécessaire solidarité amont-aval est souvent difficile à mettre en œuvre. Les communes, souvent rurales, à l’amont des bassins versants ne comprennent pas que les communes, souvent urbaines et « plus riches », de l’aval leur demandent des efforts pour contrôler les ruissellements. Une réflexion globale sur la rivière et sa mise en œuvre dans le cadre d’un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) permet d’agir à la bonne dimension spatiale. Le SAGE Bassée-Voulzie, en cours d’émergence, devra concilier cet enjeu socio-économique d’équilibre qui doit satisfaire à l’objectif du bon état des masses d’eau.

 

Évaluation économique des services de régulation

Lors d’une crue, l’eau se déverse dans le lit majeur de la rivière, partie qui n’est inondée qu’en cas de crue. Les surfaces inondées stockent ainsi un grand volume d’eau et forment les champs d’expansion des crues. Ces champs d’expansion rendent service à l’homme en retardant et en atténuant la pointe de crue et en limitant les dégâts causés par celle-ci, notamment sur les zones urbaines.

Deux approches ont été utilisées pour évaluer ce service : le coût des dommages évités et le montant des travaux nécessaires pour se protéger d’un volume d’eau équivalent à celui stocké par les champs d’expansion. Il s’agit, le plus souvent, du coût de construction d’un barrage dont la durée de vie est estimée à cent ans.

Le bénéfice économique issu du service d’écrêtement des crues des zones humides est assez homogène entre les différentes etudes, mais celui-ci se révèle plus élevé lorsque l’on utilise la méthode des coûts de remplacement par rapport à la méthode des dommages évités. La manière dont la société réagit face à la disparition d’un service rendu — remplacer le service par une infrastructure artificielle, se protéger contre les conséquences de cette perte ou subir les dommages — est donc primordiale. Les bénéfices seront plus élevés si les enjeux protégés se trouvent être l’agglomération parisienne et non pas un quartier d’un village de la Manche !

Ainsi, pour la plaine alluviale de la Bassée, le commissariat général du développement durable évalue économiquement le rôle d’écrêtement des crues par le coût de remplacement (travaux nécessaires pour se protéger), de 185 à 570 €/ha/an et par le coût des dommages dus à l’inondation de 113 à 163 €/ha/an pour un champ d’expansion de 6 500 ha.

En conclusion, au regard de ces chiffres et de cet argumentaire, il est préférable de préserver, de privilégier et de conforter le champ d’expansion des crues de la Seine dans la Bassée en raison des multiples fonctionnalités qui en découlent, plutôt que de construire de nouveaux ouvrages dans son lit majeur, dont le coût élevé d’exploitation devra être supporté par la collectivité.

 

Stanislas LAMARCHE

Nature Environnement 77

Une matinée d’échanges était organisée par l’Agence de l’Eau Seine Normandie afin de présenter les résultats de la consultation sur le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux SDAGE qui s’est déroulée du 19 décembre 2014 au 18 juin 2015

Participation et profil des répondants

Un peu plus de 3 000 (3 154) personnes ont participé à la consultation via le questionnaire en ligne sur le site de l’Agence ou un questionnaire papier. Cette participation est supérieure à la consultation précédente sur le SDAGE qui avait fait l’objet d’un boîtage sur tout le secteur de bassin, coûteux et avec un taux de retour très faible : la mobilisation d’un certain nombre d’associations et collectivités ont permis cette sensibilisation.

33 % des répondants ont utilisé le questionnaire papier ; dans le cas du questionnaire en ligne, cinq personnes sur six ont lu la page d’accueil sans cliquer sur le questionnaire ce qui interroge sur l’attractivité de la consultation.

Parmi les participants, 51% sont des femmes, et les 35/64 ans représentent 56 % des participants. Un tiers habite en milieu rural (communes de moins de 2 000 habitants) et un tiers en milieu très urbanisé (agglomération de plus de 100 000 habitants). Presque la moitié habite le Val-de-Marne, ce qui s’explique par des actions locales très performantes pour inciter les gens à répondre au questionnaire.

Préoccupations majeures

Quatre préoccupations majeures du SDAGE étaient mises en exergue dans cette consultation, et connaître l’adhésion du public à ces préoccupations était important. Ainsi, la protection des captages pour l’alimentation en eau potable recueille une forte adhésion quant à leur adéquation aux besoins dans 75% des questionnaires ; seuls 23 % la qualifie d’insuffisante. Le résultat est le même, dans des proportions similaires, en ce qui concerne la protection de la mer et du littoral. Pour la protection et la restauration des milieux aquatiques et zones humides, l'adhésion recueille 60 % et 34 % l’estime insuffisante. Enfin, concernant l’adaptation aux effets du changement climatique, l’adhésion aux actions se fait à 59 % pour 37 % qui jugent les mesures insuffisantes.

A travers les commentaires spontanés des répondants, la pollution de l’eau est clairement apparue comme une préoccupation majeure des participants (49 % des participants y font référence). La consommation et l’utilisation de l’eau (12 %) suivi de la protection de l’environnement (9 %) sont les préoccupations suivantes, loin derrière. Par comparaison aux résultats de la consultation de 2008, ces préoccupations majeures ont peu évolué.

Propositions de modification

Concernant les 50 avis reçus des associations et collectifs franciliens, elles ont été traitées comme les contributions de collectivités territoriales et leurs propositions ont été analysées.

Concernant les propositions du public, deux sur trois sont faites dans le questionnaire. Celle qui est majoritaire (21 %) est de communiquer et informer davantage, 17 % d’être plus strict en matière de pollution, 12 % pour sensibiliser contre les pollutions, tout comme protéger les milieux aquatiques. Renforcer les contrôles et les sanctions et être plus concret reçoivent 11 % de propositions. Etonnamment, revoir les modes de cultures n'ont reçu que 6% de proposition et travailler sur les risques inondations arrivent en dernier (2 %), alors qu’un Plan de gestion des risques inondations était en consultation simultanément au SDAGE.

Dominique DUVAL

Présidente de FNE Ile-de-France

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