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En dépit de mesures environnementales engagées dans les documents d’urbanisme locaux et régionaux, d’un abandon de l’usage des pesticides dans les espaces publics de nombreuses communes, flore et faune spécialisées voient leurs populations et leur concentration décroître.

Le 4e bilan de santé de la biodiversité, qui vient d’être présenté par Natureparif, confirme ce déclin.

Les milieux naturels et semi naturels, on le sait, offrent une grande diversité de paysages en Ile de France, mais au fil du temps, l’urbanisation, les aménagements, la voirie grignotent inexorablement lisières, friches et prés, morcelant les écosystèmes et isolant les espèces les plus vulnérables. Parmi les oiseaux, les espèces « généralistes » capables de s’adapter avec nous, comme les corneilles, les pies, les pigeons ne sont pas affectées tandis les petits passereaux et les oiseaux spécialisés sur certains milieux fragiles - zones humides, landes, haies - voient leur populations s’effondrer. Plus de 50 % d’entre eux ont disparu depuis le milieu du siècle dernier dans l’ensemble des milieux (campagnes, forêts, villes). Plantes et insectes se font de plus en plus rares, décimées par les produits phytosanitaires et souvent sans refuges après l’essartage du maillage paysager.

Sciences participatives

Le programme vigie Nature du Muséum national d’Histoire naturelle, auquel se sont associés plus de 200 observateurs volontaires, a permis de réaliser un diagnostic sur une dizaine d’années, concernant notamment l’évolution des espèces et des populations des plantes (depuis 2009), des oiseaux (depuis 2002) et des papillons de jours (depuis 2005) en Ile de France. Ces observations ont été réalisées selon un protocole scientifique rigoureux sur les mêmes milieux et secteurs géographiques - une centaine, en moyenne - pendant plusieurs années. 791 plantes (50 % de la flore régionale), 84 papillons (62 % de leur diversité) et 149 oiseaux nicheurs (84 % de leur diversité) ont été suivis durant cette période.

Les milieux agricoles en chute libre

Alors que les espaces cultivés occupent près de 50 % de la surface régionale, seules 5 à 6 de ces espèces ont été observées, révélant une diminution de 30 % pour les oiseaux, 20 % pour les plantes et 18% pour les papillons, ce déclin atteignant 45 % dans la céréaliculture sans bordures végétales. Pratiques agricoles intensives, banalisation des paysages et usage des pesticides sont en cause. Dans les milieux urbains, l’évolution de la diversité floristique varie selon la gestion locale des espaces verts publics mais aussi privés (trop de jardiniers amateurs traitent !) : papillons (- 33 %) et oiseaux (-22%) s’observent de moins en moins, même pour des espèces communes comme le moineau domestique et l’hirondelle des fenêtres (- 64 %). Seuls les milieux forestiers (23 % du territoire) restent stables excepté pour les oiseaux (- 17 %) en raison de la fragmentation des parcelles, d’une sylviculture parfois intensive et de la surfréquentation du public.

Des solutions existent, vers une agriculture plus respectueuse des sols et des lisières végétales, l’abandon des produits phytosanitaires par les communes, les particuliers, et par la revégétalisation des interstices et des délaissés en ville par des espèces végétales mellifères pour les insectes.

 

Jérôme DUBOIS

Natureparif, l’agence francilienne pour la nature et la biodiversité, avait organisé les 29 et 30 septembre derniers à Paris, en lien avec l’Agence de l’eau Seine Normandie et le GIS Climat-Environnement-Société, une rencontre sur le thème « Climat et biodiversité, la nature source de solutions pour l’Ile-de-France ! »

Plus de 200 personnes ont échangé sur la nature en ville, les milieux agricoles et la forêt, la gestion de la ressource en eau et formulé des propositions pour la COP21 où Natureparif assure une représentation officielle.

 

169 p 19 Printemps des jacinthes

 

Deux constats :

- les solutions fondées sur la nature, comme la végétalisation des toitures et des façades en ville, la restauration de cours d’eau permettent de mieux lutter contre les îlots de chaleur urbains; elles génèrent des économies importantes par rapport aux solutions technologiques classiques et présentent des avantages en terme de santé publique.

Un exemple : l’entretien écologique des espaces verts à Nanterre (92) revient à 61€/an/m² contre 269 € en utilisant les intrants classiques. Autre exemple : la toiture végétalisée de l’école de Chauconin-Neufmontiers (77) permet de stocker 130 à 216 m3 d’eau de pluie par an ce qui évite 647 Kg équivalent CO2/an et une économie de 628 €/an.

- les écosystèmes diversifiés, notamment pour les systèmes agricoles et les forêts, résistent mieux au changement de climat et aux événements traumatiques.

En ce qui concerne les forêts qui représentent 24 % du territoire d’Ile-de-France, elles stockent et fixent le carbone et ont un réel potentiel d’atténuation du changement climatique généré par les activités humaines.

 

Pour une biodiversité en milieu agricole

 L’Ile-de-France émet 3 % des GES agricoles nationaux pour 1,8 % de la surface agricole utile nationale.

La nature peut être une solution si on change les pratiques agricoles notamment si on passe le seuil de 20 % de milieux herbacés semi-naturels qui ne représentent que 11,6 % en Ile-de-France.

Selon Maxime Zucca, naturaliste à Natureparif, les moyens pour arriver à stocker 200 000 tonnes supplémentaires par an dans notre région existent : diminuer les engrais minéraux de synthèse, réduire le rythme des labours, accroître la part des légumineuses, allonger la durée des pâturages et des prairies temporaires, développer les cultures intermédiaires et intercalaires, développer l’agro foresterie et l’enherbement en vergers.

 

Atténuation et adaptation

Ces deux stratégies sont complémentaires pour faire face au changement climatique :

- atténuation veut dire réduire les causes du changement climatique à savoir l’accumulation des gaz à effet de serre ; ce sont, par exemple, les transports propres, ou à empreinte écologique réduite

- adaptation veut dire ajuster les systèmes pour limiter les impacts du changement climatique en fonction des territoires locaux et des spécificités

Ce sont, par exemple, les pratiques agro écologiques pour lutter contre la sécheresse, la déminéralisation des espaces urbains, cours d’école, voirie, par la végétalisation.

Seule la seconde stratégie produit des effets à long terme.

 

A signaler une petite vidéo pédagogique sur le changement climatique: http://www.natureparif.fr

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