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Depuis 2013, Vigie-Nature* et Natureparif confirment une érosion de la biodiversité des différents milieux « naturels » franciliens, dont ses hôtes autrefois familiers et abondants. Adieu hérissons, hirondelles de fenêtre, moineaux domestiques et bels argus …

L’homme ne semble pas encore être prêt à côtoyer la nature en Ile-de-France, celle que l’on ne gère pas comme un espace vert, mais à qui on laisse une place en toute liberté. Plus il est présent par ses aménagements et plus les occupants de cette nature pourtant « ordinaire » disparaissent, jusqu’aux moineaux familiers et aux coquelicots et bleuets. Déclarations d’intentions politiques et conseils de bonnes pratiques par les associations naturalistes se succèdent : rien n’y fait ; il ne se passe plus un jour sans que le mitage des espaces naturels ne s’aggrave, que ce soit en faveur de zones pavillonnaires, de mégas centres commerciaux, de plateformes logistiques …

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En dépit de mesures environnementales engagées dans les documents d’urbanisme locaux et régionaux, d’un abandon de l’usage des pesticides dans les espaces publics de nombreuses communes, flore et faune spécialisées voient leurs populations et leur concentration décroître.

Le 4e bilan de santé de la biodiversité, qui vient d’être présenté par Natureparif, confirme ce déclin.

Les milieux naturels et semi naturels, on le sait, offrent une grande diversité de paysages en Ile de France, mais au fil du temps, l’urbanisation, les aménagements, la voirie grignotent inexorablement lisières, friches et prés, morcelant les écosystèmes et isolant les espèces les plus vulnérables. Parmi les oiseaux, les espèces « généralistes » capables de s’adapter avec nous, comme les corneilles, les pies, les pigeons ne sont pas affectées tandis les petits passereaux et les oiseaux spécialisés sur certains milieux fragiles - zones humides, landes, haies - voient leur populations s’effondrer. Plus de 50 % d’entre eux ont disparu depuis le milieu du siècle dernier dans l’ensemble des milieux (campagnes, forêts, villes). Plantes et insectes se font de plus en plus rares, décimées par les produits phytosanitaires et souvent sans refuges après l’essartage du maillage paysager.

Sciences participatives

Le programme vigie Nature du Muséum national d’Histoire naturelle, auquel se sont associés plus de 200 observateurs volontaires, a permis de réaliser un diagnostic sur une dizaine d’années, concernant notamment l’évolution des espèces et des populations des plantes (depuis 2009), des oiseaux (depuis 2002) et des papillons de jours (depuis 2005) en Ile de France. Ces observations ont été réalisées selon un protocole scientifique rigoureux sur les mêmes milieux et secteurs géographiques - une centaine, en moyenne - pendant plusieurs années. 791 plantes (50 % de la flore régionale), 84 papillons (62 % de leur diversité) et 149 oiseaux nicheurs (84 % de leur diversité) ont été suivis durant cette période.

Les milieux agricoles en chute libre

Alors que les espaces cultivés occupent près de 50 % de la surface régionale, seules 5 à 6 de ces espèces ont été observées, révélant une diminution de 30 % pour les oiseaux, 20 % pour les plantes et 18% pour les papillons, ce déclin atteignant 45 % dans la céréaliculture sans bordures végétales. Pratiques agricoles intensives, banalisation des paysages et usage des pesticides sont en cause. Dans les milieux urbains, l’évolution de la diversité floristique varie selon la gestion locale des espaces verts publics mais aussi privés (trop de jardiniers amateurs traitent !) : papillons (- 33 %) et oiseaux (-22%) s’observent de moins en moins, même pour des espèces communes comme le moineau domestique et l’hirondelle des fenêtres (- 64 %). Seuls les milieux forestiers (23 % du territoire) restent stables excepté pour les oiseaux (- 17 %) en raison de la fragmentation des parcelles, d’une sylviculture parfois intensive et de la surfréquentation du public.

Des solutions existent, vers une agriculture plus respectueuse des sols et des lisières végétales, l’abandon des produits phytosanitaires par les communes, les particuliers, et par la revégétalisation des interstices et des délaissés en ville par des espèces végétales mellifères pour les insectes.

 

Jérôme DUBOIS

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